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Agenda, le meilleur agenda des sorties

27 mars 2010

 La police arrête toujours les mêmes. Cassons la gueule aux méchants !

Au registre des pains, mon boulanger préféré œuvre rue du Palais. Jeudi, avant de faire main basse sur une grosse boule de céréales, je me retrouve face à un jeune au pull barbouillé de sang et au menton éclaté. Le garçon, un peu sonné, sortait du Palais de justice.
A sa mère, ravalant ses sanglots dans la rue, il explique au téléphone que les flics ne l’ont pas raté… cette fois-ci.

A 23 ans, Sébastien n’est pas un ange, mais pas foncièrement mauvais non plus. C’est un sanguin, comme on dit. Et quand, en voiture, son ex-copine C... n’arrête pas essayer de le relancer (pour ennuyer la mère de ses deux enfants avec qui il s’est remis pour « assumer sa paternité ») il balance son bras d’un grand geste vers la banquette arrière. Pas pour lui faire mal, mais parce-que la faiblesse, le dilemme, l’impossibilité de comprendre et l’énervement constituent en lui un cocktail détonnant. Surtout quand il a un peu bu, et fumé quelques miettes de cannabis.

yeux

Multirécidiviste pour ce genre de faits (même si ces histoires de milieux pas favorisés sont toujours plus complexes qu’un article de loi), il est arrêté par la police alors qu’il vient de déposer son amie à l’hôpital de la citadelle pour s’assurer qu’elle n’a rien de grave.

Menotté, il stresse et se met à courir. : « je savais pourtant bien que je ne pouvais aller nulle part ». Il trébuche et les policiers le frappent. « Ils m’ont mis le pied sur la nuque et ont cru bon de me défoncer. Ils m’ont frappé au visage, je suppliais…  ». Dans la camionnette, Sébastien est révolté. Il tape mécaniquement sa tête contre la vitre. Les policiers stoppent, passent à l’arrière et « remettent la sauce pour le calmer ».

policePuis c’est l’hôpital St Joseph après un passage à l’hôtel de police. Des points de suture et une déposition que le jeune violent a du mal à faire adapter à sa vérité.

Comme d’habitude, c’est la version crédible des policiers contre la version foireuse d’un multirécidiviste. Style : « l’individu a trébuché de son plein gré, et s’est ouvert le menton sur 6 cm ». Sauf que Sébastien explique que, menotté de l’avant, il a su protéger sa chute avec ses mains. Il m’a aussi montré la dizaine de dents abîmées et les bouts blancs qu’il faisait bouger avec son doigt.

Parlant de ce fait-divers, La Meuse de vendredi se fait l’écho du seul rapport de police qui dit que "face aux policiers, Sébastien s’est montré insultant et violent."

Dent avec boutMême s’ils doivent des fois en avoir très envie, les policiers ne donnent jamais de grosses baffes à leurs abonnés délinquants. Parce-que ce ne serait pas légal, hein ! Sébastien ne doit ses points se suture qu’à sa propre maladresse, et avait dû préalablement se casser les dents sur l’os d’une côtelette de chez Aldi. Et les contusions qui sont apparues par après, il se les est faites en jouant à Mario Kart sur sa console Wii. Et c’est bien fait, finalement !

Parce-que, là je suis vraiment sérieux, c’est tout de même inadmissible de frapper les filles.

Mais, serait-ce-ce une bonne raison pour lui casser les dents en faisant fi des règles d’un état de droit ?

carré composition


Cette chronique, écrite le 26 mars, a été légèrement adaptée le 27 mars avec des éléments nouveaux.


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