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5 janvier 2010

 Guillemins gare : les voyageurs gelés se réfugient dans les ascenseurs !

Lorsque qu’il neige sur Liège, les nostalgiques ont les oreilles charmées par la chanson éponyme de Jacques Brel et d’autres curieux ont les yeux pointés vers la nouvelle figure de proue du paysage architectural liégeois : la gare Calatrava.
Moi, en tout cas, j’étais curieux de voir à quoi allait ressembler l’énorme charpente métallique et sa surface vitrée de 32.300 m² lorsque les flocons l’auraient parée d’une croûte givrée.

tempo Après l’action des neiges de décembre, c’est un semblant d’impression de pénétrer dans un igloo qui s’impose aux visiteurs de cet édifice déjà baigné de blanc. Rendue opaque, la voûte de 200 m de long ne dépayserait pas un esquimau qui rappellerait au passage que l’atmosphère d’un igloo est censée être moins givrée que l’air piquant du dehors. Cependant, « dans l’enceinte de la nouvelle gare, il y fait un froid de canard. Il y a trop d’ouvertures et il ne semble pas y avoir une once de chauffage adéquat.  » peut-on lire sur le site web d’un artiste liégeois partageant notre avis.

« Pourtant, il existe un chauffage par le sol  », nous explique Louis Maraite, porte-parole de la SNCB Holding. « Mais la politique n’est plus de chauffer à 20° des halls de gare squattés par des non-voyageurs. »

Cela dit, les vrais voyageurs n’ont-ils pas le droit de voir leur attente adoucie, à l’heure où les journaux brocardent les nombreux retards de trains constatés en 2009 ? Pour lors, ils en sont réduits à se disputer l’unique banquette du centre de voyage (chauffé) délivrant les tickets ou à se geler sur les bancs froids du couloir sous-voies. Pas l’ombre d’un abri fermé sur les quais. Et lorsque l’on sait que le fameux chauffage au sol réchauffe à peine l’atmosphère d’un ou deux degrés (s’il ne dysfonctionne pas) , inutile de rêver à des abris où l’on peut converser sans faire de buée. A part les commerces non philanthropiques de la gare, dont une librairie bien chauffée.

Reste les désespérés des bords de voie qui, pour se donner une moindre impression de froid, squattent les ascenseurs pour accéder aux quais, comme d’ultimes abris. Des exceptions ? Il ne nous a pas fallu 10 minutes pour en photographier à une heure de peu d’affluence.

tempo Alors j’imagine qu’en attendant des jours meilleurs, bon nombre de voyageurs doivent pester sur cet architecte espagnol qui leur a filé une nouvelle gare en leur ramenant peut-être aussi la grippe. C’était à prévoir.


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