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19 mars 2009

 Artisan du son festif

Égayant le retour du printemps, les étudiants liégeois ont bruyamment investi les rues de Liège, trois jours durant, pour les festivités de la Saint-Torè.
Dans l’univers des manifestations estudiantines, il est des hiérarques indéboulonnables constituant les repères d’une population mouvante. A 30 ans, Antoine Bini impose toujours sa musique sur des marées trémoussantes après 12 années de règne et autant de Saint-Nicolas, bals des bleus ou autres mélodieuses libations.



Celui que l’on surnomme Bini est devenu DJ résident de la guindaille, grâce à son frère qui est également disc-jockey, en animant bon nombre de soirées facultaires. D’ailleurs, la confusion entre eux n’était pas rare en raison de leur patronyme commun. C’est après un premier bal des bleus réussi en ’97 que l’AGEL l’avait préféré à d’autres DJ moins impliqués dans le milieu estudiantin et meus par une démarche trop commerciale.

Même s’il est aussi le patron du café La Cour Saint-Jean, dans le Carré et de la boîte de nuit flottante au port des yachts (Bato Club), cet ingénieur réseau semble en effet très impliqué dans la cause folklorique estudiantine. Au point d’être un interlocuteur privilégie avec la Ville pour régler les problèmes de nuisances sonores et les soucis infrastructurels qu’engendre le chapiteau implanté chaque année au Val-Benoît .

« Il y a de plus en plus de problèmes car les voisins râlent de plus en plus. Maintenant, on arrête la musique entre 1h et 2h du matin, selon le type de soirée. Mais, il y a 3 ans, j’avais ficelé un projet de salle insonorisée sur le site actuel, avec l’aval des autorités communales. L’ asbl Maison des Etudiants Liégeois (chargée de procurer un toit à la guindaille) avait, à l’époque, décidé de se passer de mes services. Or le projet ne coûtait rien aux étudiants puisque, en contrepartie, on s’occupait du reste des temps libres. »
Depuis, les projets sombrent les uns après les autres, et le dossier s’enlise.

Question musique, Bini joue résolument la carte du festif. « Mais ma force, c’est que je sais tout faire, précise-t-il. Me mettre en mode ‘électro’ et faire que un set complet de qualité, ou en mode ‘fête’ pour des manifestations étudiantes. Dans ce dernier cas, il s’agit de varier les styles et de privilégier le festif par rapport au moderne. Des trucs sur lesquels on peut faire le con. Si je mets trop de techno, ça devient vite une rave-party dans ce genre de lieux. »

« Et puis, je tâche de respecter les doléances des étudiants, surtout lorsque leurs demande sont appuyées par un traditionnel a-fond… ce qui fait que je termine rarement sobre, mais toujours debout même après une quarantaine de bières. »

Concrètement, ça donne des classiques récurrents auxquels s’en ajoutent de nouveaux chaque année. Et en entendant des morceaux tels que « La chatte à la voisine », « Love in gone » , « La Chenille », « Jean Petit qui danse », « Vamos à Salou » ou « Torremolinos », les étudiants ont des fourmis dans les jambes. Sans doutes sont elles dopées par quelques verres de boisson à base de houblon.


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