22 octobre 2009
Médiacité, juste un super-Longdoz !Que le meilleur gagne ! La foule s’est pressée, mercredi , de venir admirer la nouvelle machine de guerre qui vient de faire irruption sur le champ de bataille liégeois. Et moi aussi.
Après 2 ans de travaux, 261 millions d’investissements pour la partie commerciale (plus 40 millions pour les annexes « loisirs ») et un pic de 2000 ouvriers travaillant de concert sur le chantier, la Médiacité est enfin prête à rivaliser avec le centre commercial Belle-Île, les galeries Saint-Lambert et même la forteresse Cora.
La concurrence avec Belle Ile ? « Outre attractivité des zones loisir, la zone de chalandise de Médiacité se voudra bien plus large, plus régionale ou eurégionale, que celle, locale, du centre commercial Belle-Ile », balancent directement les nouveaux venus.
Et il faut dire qu’elle pète cette galerie en matériaux estampillés "développement durable" et doté de pompes à chaleur ! Le designer-architecte israélien Ron Arad a accouché d’une artère sinueuse et tubulaire de 400 mètres à la charpente aérienne transformant le ciel en un damier rouge et transparent qui rappelle , par touches, le chapiteau d’un cirque. On y croisait d’ailleurs des clowns le premier jour.
A mon sens, la Médiacité a carrément de quoi rivaliser avec une grosse rondelle de ces fameux centres commerciaux souterrains de Montréal. Moins rectiligne que Belle-Île et bâtie sur deux étages elle n’est en réalité que l’ancienne galerie du Longdoz dopée à la potion magique. Car hormis sa tonitruante ouverture, ce complexe commercial n’a -pour lors- rien de médiatique.
Son objectif est néanmoins ambitieux : transformer un quartier de la rive droite de Liège (en totale déshérence) en un nouveau pôle urbain dynamique et attractif via un centre mêlant commerces et loisirs et une nouvelle activité économique, avec le Pôle Image. Et puis participer au redéploiement économique local par la création d’emplois (1.200 directs, dès l’ouverture au public du centre commercial) « dans un secteur extrêmement porteur en la matière ».
L’on peut néanmoins s’interroger sur ces 8 derniers mots, lorsqu’ils font référence aux emplois attachés au seul commerce. Même si il s’agit des nouveautés Primark (vêtements anglais peu onéreux mais d’excellente qualité et “tendance”), Motivi (mode italienne pour jeunes filles et jeunes femmes à la “coolitude” affirmée) ou de Tom Taylor et son “A casual fashion for a casual life » pour toute la famille.
Mais le Pole image, c’est quoi exactement ? « Egalement surnommé “le PIL”, le Pôle Image de Liège est une fédération d’entreprises du secteur audiovisuel développée dans le cadre du projet Médiacité. (…)Il représente une quinzaine d’entreprises, qui représentent elles-mêmes près de 250 spécialistes.
On retrouve pêle-mêle au sein de cet authentique “cluster” les métiers de l’infographie, des effets spéciaux ou des techniques de conversion en différents formats. Références de l’image digitale, studios “son” et “image”, projection numérique, réalisateurs, loueurs de matériel hyperspécialisés, recherche de financement pour productions cinématographiques,… se croisent au sein de cette nouvelle “fourmilière de l’image et des médias”, qui devrait encore connaître une belle croissance dans les prochaines années. », dit le dossier de presse.
Le fleuron d’une authentique “cité des médias” qui comprendrait aussi des salles de cinéma et le nouveau centre de la RTBF.
Entretemps, il y eut les effets de la crise, la patinoire promise pour bientôt, l’ébullition juridico-financière du Pole image, la cité RTBF en construction et les atermoiements quant à l’installation d’un cinéma Kinépolis.
Heureusement, la Médiacité recèle un autre aspect « media » qu’elle s’ignore. C’est en me laissant transporter par l’escalator du fond de la galerie que, comme bon nombre de consommateurs lambda, je partis comme une flèche à la conquête de Saturn. Cette nouvelle planète géante « électro, hi-fi, nouvelles technologies » nous était présentée comme un géant casseur de prix. A l’intérieur : un méga-espace, du tapis, des prix rouges (pour attirer le regard come si c’était de promos) et des bonshommes en chemise bleue. Ah aaaah, me dis-je, les types en chemise rouge de chez Mediamarkt vont être mangés par les hommes bleus et le consommateur va faire sa loi des prix les plus bas.
Que nenni ! Trahis, j’aperçois soudain un employé accoudé à une machine à laver et arborant un double badge Saturn… et Mediamarkt . Les hommes bleus seraient donc des hommes rouge déguisés au milieu d’agents doubles ? A vous de voir si la guerre des prix aura bien lieu…
Reste que dans Mediamarkt, il y a « media » et que l’honneur de la Médiacité est donc sauf. Malgré que son parking vous soit tarifé 1€80 de l’heure.
Ouvert de 10h à 20h (jusque 21h le vendredi). Fermé le dimanche.
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