15 avril 2009
Le Liégeois qui nous représentera à l’EurovisionAvec lui, on ne sait pas toujours si c’est sérieux ou pas. Un peu à l’image du Concours Eurovision de la Chanson où il ira défendre, à Moscou et à la guitare, les couleurs de la Belgique . Avec son groupe Copycat et des illustrations de Philippe Geluck. "L’Eurovision fait rire. Mais c’est sérieux comme les jeux olympiques ! On a trois minutes pour convaincre 40.000 spectateurs et davantage de téléspectateurs", dit il en savourant son coca light.
Alors, on dira que c’est sérieux. Tout comme cette façon qu’a Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam d’ériger une frontière entre l’humour et la musique . Entre les billets qu’il lit à la radio dans Le jeu des dictionnaires ou La semaine infernale (RTBF Première) et ses prestations sur scène.
"Sur scène, il faut donner de l’énergie, un esprit et ne pas avoir peur d’aller dans quelque chose de particulier qui est parfois proche de la performance. Même si tu n’es pas obligé d’être tout le temps à 100% dans la qualité, il faut qu’il se passe un truc."
Le style Miam fait donc souvent un peu bricolé. Comme quand il arbore fièrement une poignée de stroboscopes achetés dans un magasin "tout à 5€" en vous disant que c’est génial parce qu’on sait les régler.
Puisqu’il est né en 1977 à Seraing, l’accent qu’il propage sur les ondes de la RTBF est donc légitime. C’est après des humanités à l’athénée de sa chère ville et un an à l’ISIS (graduat en communication) que Benjamin s’est vu proposer d’enregistrer un album (Cum At The Liquid Fancy Fair ) à la Soundstation, qui venait tout juste de naître. Fort de des cours de batterie à l’académie et de ses avancées autodidactes à la guitare, Miam pond donc en 1998 un album pop en anglais, bricolé au synthé. Et il chante.
"La spontanéité et la fraîcheur ont plu aux responsables de la Sound’. J’ai présenté le disque dans les festivals avant d’en enregistrer un deuxième dans la même veine, puis un troisième mieux orchestré qui est entré dans le TOP 50."
Suivent des concerts à l’AB et au Botanique en 2003, une belle tournée et des passages en radio pour "Forgotten Ladies " en 2003. Et c’est à la suite d’une prestation comme invité au célèbre Jeu des dictionnaires que Miam Monster Miam est engagé par la bande de Jacques Mercier. " En fait ça venait plutôt de Fredéric Janin et Raoul Reyers (ndlr : de son vrai nom Philippe Gouders, également producteur de l’émission). Mercier se demandait un peu ce que c’était, même si il sentait bien que je faisais quelque chose de différent. Et depuis 6 ans, je suis un régulier des enregistrements, mais jamais plus de 3 fois par mois."
Bien calé dans le registre pop, Miam est un guitariste au son rock et rugueux et un compositeur plutôt mélodiste. Il a aussi testé l’expérimental par le biais de son label "Freaksville " monté avec Jacques Duvall en 2006. La rencontre avec ce dernier est une sorte de déclencheur.
Duvall est donc le compositeur de la chanson du groupe Copycat, présentée à l’Eurovision. "On avait envie de faire une chanson rock sur le thème d’un gars perturbé qui croit être Elvis. On ne s’attendait pas à ce que le jury de la RTBF nous choisisse à l’unanimité avant celui de la VRT. Le chanteur, Patrick Ouchène, l’ami de Duvall, est un vrai performeur."
Imaginer un faux Elvis, ce n’est pas complètement décalé, ça ? " Pas tant que ça vu que c’est notre trip. Ce n’est pas plus décalé que l’Ukrainienne qui va arriver en string avec des mecs habillés en cuir. A force de règles strictes, ce concours devient baroque au point de rejoindre l’idée d’art contemporain. Y envoyer un faux Elvis, c’est de l’art ! "
Tout le pays suivra donc les pérégrinations cette bande d’artistes qui séjournera en Russie du 2 au 17 mai (en cas de non-sélection pour la finale, ils rentreront le 14).