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9 décembre 2009

 Le Village de Noël, c’est lui

Qu’il soit perçu comme une qualité ou comme un vice, le sens de l’organisation est immanent chez cet épicurien : «  Quand je ne suis pas dans un contexte professionnel, j’organise des dégustations avec la confrérie des Côtes du Rhône ou des activités à mon ciné-club des Vennes ». Une activité cinématographique dans le quartier qui l’a vu naître, et dans lequel il a toujours vécu. Car, évidemment, le patron de l’asbl Ejeu et , de facto, du village de Noël, n’est pas né entre un âne et un bœuf. S’il pratique un peu le tennis, c’est parce qu’il faut bien une activité un peu physique. Et lorsqu’il voyage, c’est souvent dans le cadre de la confrérie dont il est le Grand Maître à Liège : en Suisse, au Québec ou en France.

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Ingénieur civil des mines avec une spécialisation en environnement, Pierre Luthers n’a travaillé que 6 mois à l’université de Liège avant de changer radicalement de milieu professionnel et de transformer ses loisirs en métier. Au terme de son premier contrat à l’ULg, il rencontre Pierre Neuray (directeur du développement de la chambre de commerce et d’industrie Liège-Verviers- Namur et ancien président de l’asbl Enjeu) qui recherchait quelqu’un pour s’occuper d’un salon sur les nouvelles technologies. Puis au fil d’autres salons, Pierre déboule dans l’asbl à l’origine de la création de la Socran, un incubateur de jeunes entreprises mettant aussi à disposition des bureaux. Puis c’est la création d’Enjeu et la naissance du Village de Noël de Liège.

Un boulot d’ingénieur, ça ? « Rien que par l’ouverture d’esprit qu’elle confère, la formation universitaire profite toujours. J’aurais peut-être eu un salaire plus juteux en évoluant comme ingénieur. Mais ce qui compte le plus pour moi dans la vie, c’est de pouvoir m’amuser et de rester indépendant. Je ne me plairais pas dans ces grandes structures où l’on n’a en réalité pas grand-chose à dire.  »

tempoEnjeu est donc devenue une asbl employant 10 permanents, dont la raison sociale reste le développement économique régional. A ce titre, elle organise huit salons et foires. Les Epicuriales (autour des plaisirs de bouche), Animalia (18.000 personnes aux Halles des Foires), Papi’on (8000 seniors sur trois jours), le Forum des entrepreneurs, Image et Santé (festival du film international), le Village Gaulois (70.000 personnes), Epsilon (salon de la formation professionnelle à Louvain la Neuve) et …. Le Village de Noël qui attire un million et demi de visiteurs durant les fêtes de fin d’année.

Depuis ses bureaux discrets situés au pied de Cointe, Pierre Luthers a presque une vue plongeante sur la nouvelle gare des Guillemins, tête de pont du potentiel développement de Liège. « Nous sommes assez impliqués dans les réflexions sur l’espace Tivoli, sur lequel nous organisons le village de Noël et le village wallon. Nous défendons d’ailleurs la fonction événementielle de ce lieu qui, en plein centre-ville, favorise l’économie, le folklore et la culture. L’éclosion de Liège nous semble très prometteuse. La Médiacité, la gare… Mais on déplore le manque de rapidité dans cette ville. Heureusement, ça va dans le bon sens !  »

Et de souligner deux fois les qualités fameux espace Tivoli : visibilité, puis accessibilité en bus train et voiture. A l’opposé du hall des foires de Coronmeuse jugé obsolète, notamment en l’absence d’espaces de stationnement réellement ambitieux qui pourraient être reliés au centre par des navettes rapides pour servir aussi de parkings de délestage.

A 52 ans, Pierre Luthers donne l’impression de toujours vouloir nourrir l’âme des événements qu’il organise. Et, plus que d’être le patron du village de Noël, il en est aussi le plus motivé des citoyens. « Trop souvent on assimile le Village à la convivialité et à la fête. Mais ce n’est pas que ça. »

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