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4 décembre 2008

 Le sculpteur qui défie le bourgmestre

S’il se passe régulièrement la main sur le dessus du crâne, ce n’est pas à cause des ennuis. « Même si je collectionne les emmerdes avec les bourgmestres de Liège, Mons et Bruxelles », sourit Alain De Clerck, l’homme à l’origine de la pétition pour la candidature de Liège au titre de capitale culturelle en 2015.
Dans les prochains jours, toute son équipe devrait remettre au bourgmestre Demeyer des formulaires accueillant 21.000 signatures de Liégeois, soit un peu au-delà des 19.000 requises pour le contraindre à organiser une consultation populaire sur la question.

Avec celui de Liège, c’est aussi le bourgmestre de Mons qui le voit d’un œil noir, dans la mesure où sa ville est LA candidate « officiellement officieuse » du pays, sur base d’un accord politique interne au PS et accepté par les partis au pouvoir en 1990.

Mais c’est avec le premier citoyen de la ville de Bruxelles qu’Alain De Clerck s’est attiré les premiers ressentiments d’édile. Car s’il passe maintenant pour un trublion dans le landernau politique liégeois, l’homme est avant tout un sculpteur autodidacte dont les œuvres ont une valeur symbolique souvent plus forte que leur qualité purement esthétique. C’est face à son souhait d’installer sa « porte de la paix » (isaraélo-palestinienne) au rond-point Schuman, juste en face des bâtiments de la Commission Européenne que l’artiste s’est vu opposer un refus de Freddy Thielemans, qui ne répond même plus à ses relances épistolaires. L’homme aurait-il un problème avec les bourgmestres PS ?
«  J’ai une réelle affection pour Demeyer, répète De Clerck. Même s’il ne va pas dans la direction que j’essaie de lui suggérer. »

A l’aube de la quarantaine, celui qui se définit comme un artiste « In Cité » -dans la mesure où la participation du public est primordiale pour le plasticien qu’il est- trouve l’inspiration, pour ses créations, au contact du monde. Sa flamme située juste à côté de l‘office du tourisme en Fréronstrée, qui s’active au-dessus d’un tube de fer cintré grâce à un monnayeur, en est une illustration.
Cette Sculpture Publique d’Aide Culturelle, permet la constitution d’un fonds pour l’achat d’une collection d’œuvres d’art contemporain mise en dépôt au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de la Ville de Liège. Des entreprises partenaires s’engageant à verser 1€ à chaque fois que la flamme est activée.

Depuis son installation en 2002, la sculpture a dépassé les 10.000 allumages, permettant à l’a.s.b.l. de s’enrichir d’une quarantaine de pièces achetées, notamment, à des artistes de la région. Elle fait maintenant un peu partie du paysage, comme sa fameuse Roue de Feu, qui brûle chaque année au festival de Dour.

Liégeois, né à l’hôpital Saint-Joseph le jour anniversaire de Gandhi, Alain « le rouche » est aussi un fan du Standard. C’est d’ailleurs après que son club de foot soit devenu champion de Belgique qu’il a senti pousser des ambitions pour sa ville.
Une ville qui traîne d’ailleurs à caser ailleurs l’une de ses sculptures… qui avait démocratiquement gagné le droit de figurer sur la nouvelle place Saint-Lambert, avant de se faire voler la place par l’actuelle fontaine en pierre. Aux atermoiements politiques, qui promettent de la placer sur la nouvelle place Xavier-Neujean, l’artiste répond par cette autre idée de faire réapparaître la Légia , le ruisseau presque mort passant sous la Fnac, qui donna jadis son nom à notre ville. Pas vindicatif, l’homme souriant semble toutefois déterminé dans le bras de fer en cours, avec son inflexible bourgmestre.
A suivre.

par Fabrice


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