Montrer sa petite culotte blanche, c’est artistique ?
Certains trouveront ça vulgaire. D’autres y flaireront la controverse. A raison. Mais le simple fait de provoquer ce type de réaction fonde justement sa démarche : « Je ne renie pas le côté érotique mais je veux que l’on considère la dimension artistique », résume Ophélie Xmyloveuse.
Cela dit, n’y allons pas par quatre chemins : le trip de cette dessinatrice-graphiste, c’est de montrer lascivement sa petite culotte blanche en public et d’en faire l’apologie. Sur scène, devant la caméra, dans des lieux publics ou sur internet. C’est d’ailleurs sur cette dernière plateforme d’expression que l’« écolière lubrique » vend des dessins d’artistes pour vivre et tente de se faire connaître en tant que performeuse libertine.
Quand votre regard lui balance que ce genre de show a plutôt sa place dans un recoin du salon de l’érotisme (où elle se produisit d’ailleurs), Ophélie a vite fait de se la jouer name-dropping : « Michel Polnareff est en contact avec nous depuis la Californie. Pascal Obispo fait également partie de mes amis sur Myspace » Et de citer également d’autres contacts sur ce même réseau : Benny Benassi, Jean-Paul Gauthier, Mylène Farmer, Faithless, Kylie Minogue, David Guetta, Boy George ou Madonna.
Des doutes ? Voyez son Myspace et la trace de sa rencontre avec Marc Cerrone, le compositeur du célèbre « Supernature », qui accepta qu’elle réalise ce clip sur son tube phare de la période disco (attention, c’est trash, et pas recommandé aux mineurs, comme on dit dans ces cas-là) :
Tous les peoples ne classent donc pas ses exhibitions au rang des fantasmes bon marché ? « Beaucoup de gars à travers le monde ne trouvent pas anormal le fait d’avoir une schoolgirl qui montre sa culotte. Il n’y a pas que les japonais. », argumente Ophélie Xmyloveuse. « Beaucoup ont accepté d’être mes amis sur Facebook. Et on discute avec moi très gentiment, sans agressivité orientée. Pas mal de filles aussi, comme cette policière de Herstal... Et puis, il faut regarder le gros travail graphique et de recréation d’images artificielles dans mes vidéos. »
Si son objectif est de faire tomber les masques, cette néo-Liégeoise originaire du nord de la France conserve toujours le sien. Pour garder un mystère autour du personnage, attiser la curiosité et ne pas donner envie à son voisin de pallier de venir frapper à sa porte.
D’autant qu’elle ne compte pas déménager de sitôt, tant son coup de cœur pour Liège « où il y a plus de liberté, d’amusements et d’activités culturelles qu’à Bruxelles » la pousse à réveiller tout l’univers nocturne à connotation coquine de la ville. Et c’est avec son copain qu’elle exhorte d’ailleurs tout ce monde interlope à rejoindre un groupe dédié sur Facebook. « C’est sur la route de Maastricht que nous avons un jour fait étape à Liège. Puis, de mémorables soirées dans un café gay de la rue Pont d’Avroy qui propose des spectacles transformistes nous ont convaincus que Liège était plus permissive, plus libre. »
Depuis, elle se propose de dispenser ses shows chauds. Et sans attendre que le bougmestre l’invite à Liège Métropole Culturelle 2010, elle a commencé par l’hôtel de ville. Pas sûr que Willy demeyer voie dans les fessées, fétichisme et autres stripteases une émergence de la nouvelle culture alternative liégeoise. Mais on ne sait jamais...