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10 septembre 2009

 Pénible aiguillage

« Rien qu’en quittant mon pays j’étais déjà mort. Alors rester sans papiers ou faire une grève de la faim c’est la même chose », laissait tomber l’un des sans-papiers actuellement réfugiés à la gare de Bressoux.

Mardi dernier, une vingtaine de ces étrangers a entamé une grève de la faim. Sur les 120 maintenant domiciliés dans l’ancien hall de gare (et qui bénéficient de dons alimentaires de particuliers), cinquante ne rentrent pas dans les critères de « l’instruction », la circulaire de juillet déterminant les critères de régularisation des étrangers. Une semaine après, ils sont déjà une trentaine à ne plus se nourrir, et deux d’entre eux se sont cousu les lèvres.

Bon 36 recadréeCes personnes n’ont plus rien à perdre. Certaines sont sur le territoire belge depuis plusieurs années et n’ont aucun moyen de prouver la durée effective de leur séjour en Belgique, alors que la fameuse « instruction » permet de régulariser les étrangers qui se trouvent sur le territoire belge depuis au moins 5 ans. Et ce, moyennant d’autres conditions telles que des tentatives crédibles de régularisation.

Mais comment faire quand on ne peut pas prouver sa présence sur le territoire belge ? Comment faire lorsque, par peur, on a donné aux autorités une fausse identité ?

En outre, la circulaire recourt à des critères nouveaux (flous, disent certains), qui renvoient à quantité de questions secondaires et de cas d’espèces.

Pour ces gréviste, la privation de nourriture semble être la dernière chance.

Tous les occupants de l’ancienne gare de Bressoux n’y adhèrent pourtant pas, par peur de mettre en péril les demandes de régularisation qui seront introduites par les occupants rentrant dans les critères de régularisation. L’organisation des sans papiers est également opposée à cette grève de la faim. A raison.

Bon 022 recadrée (Custom)

Une telle grève est difficilement tolérable. C’est recourir à des moyens trop extrêmes pour arriver à ses fins. La Belgique ne peut régulariser tous les sans-papiers. C’est, en outre, mettre le ministre Melchior Wathelet devant une délicate dichotomie : les régulariser ou de les laisser mourir.

En réalité, la date du 15 septembre (début de l’introduction des demandes de régularisation) n’est pas l’ultime délai. C’est le début d’un long combat. D’autres critères, légaux et permanents cette fois, devront venir amender la loi existante et annihileront la circulaire actuelle. C’est cela qu’il faut espérer. Et c’est pour ça que les sans-papiers doivent se battre les uns après les autres. Ensemble, mais à chacun son tour. Sauf que le risque d’expulsion est là….

Bon 011 (Custom)


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