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16 novembre 2009

 Une nuit de la gare pour construire le train de demain

Samedi soir, la SNCB mettait le souk dans trois de ses gares transformées en dancefloor grâce à des DJ’s du moment (Cassius, Partyharders) : Anvers-Central, Bruxelles-Central et … Liège Guillemins. Encore "tout chose" du feu d’artifice d’il y a deux mois pour son inauguration, j’augurais un beau spectacle architecto-musico-festif en pressant le pas vers notre nouvel ovni ferroviaire. Mais finalement, confinée dans le coffrage bétonné d’une surface commerciale en devenir, cette « Nuit de la gare » avait juste des allures de grande free party organisée dans un parking souterrain. D’ailleurs : pas une seule vidéo sur Youtube !

tempoD’autant que, en dépit d’un service de sécurité pléthorique et tatillon, la première chose que nous vîmes en descendant le dernier escalier d’accès fut une fille urinant sans complexe au milieu du passage.
Mais était-il besoin de soigner le décor alors que le pouvoir attractif de la soirée aux Guillemins se résumait en deux mots : « Entrée gratuite » ?

5000 personnes ont donc répondu à l’appel de la SNCB sur les trois gares. Mais pourquoi diable la SNCB avait-elle déployé tant de moyens pour attirer les jeunes clubbers aux abords de ses quais ? Simplement pour les inciter à prendre le train ? Pas de message explicite du côté de la pub télé…



En réalité, la réponse figurait sur le bracelet vert scotché au poignet de chaque postulant à l’entrée : « A la recherche d’un job ? www.lescheminsdeferengagent.be ». Vraiment cool cette opération de recrutement ! Croyez-vous que le Forem attirerait davantage de jeunes motivés par le fait de se décarcasser pour travailler, en plantant un dj et un bar à vodka Red Bull à l’entrée de ses bureaux du Val-Benoît ?

Pas sûr, si l’on en croit La Meuse qui stigmatisait encore "cette jeunesse-là", samedi, sur son site internet : «  Vendredi soir, la gare des Guillemins a essuyé une attaque en règle de la part d’un jeune tageurs de 22 ans. Baila, domicilié à Namur, revenait de l’internat de Gouvy où il est scolarisé. Arrivé aux Guillemins, le jeune homme a sorti un gros marqueur bleu et a effectué une quinzaine de tags sur les vitres latérales, mais aussi sur les parois et les montants des escalators... Partout sur la nouvelle gare, on pouvait lire l’inscription Dams. »

Taguer ou faire pipi dans la gare ; en voilà au moins deux qui n’iront pas « construire ensemble le train de demain ». Mais est-ce que les autres auront pris le temps de lire leur bracelet ?

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